Je démarrerai ces derniers mots que je vous adresse avant mon départ du Pays, par quelques vers d’Antonio Machado, qui repose sur notre territoire, à Collioure.
Des vers écrits dans une langue qui fait écho à mes origines, au parcours sur les routes de l’exil de mon grand-père, au chemin parcouru avec vous et à celui qui m’attend.
Todo pasa y todo queda,
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos,
caminos sobre el mar.
Nunca persequí la gloria,
ni dejar en la memoria
de los hombres mi canción;
yo amo los mundos sutiles,
ingrávidos y gentiles,
como pompas de jabón.
(…)
Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar…
Il y a des chemins que l’on trace seul et il y a ceux que l’on trace ensemble. J’ai eu la chance, ces 10 dernières années, de croiser la route de ces femmes et ces hommes qui s’engagent et agissent pour le développement de notre "Pays", de partager les valeurs qui m’animent et guident mon parcours, ce qui a largement participé au plaisir que j’ai eu à travailler pour ce territoire. Je tiens ainsi à remercier tous les "militants du territoire" ; une expression chère à Francis Manent, celui qui m’a donné ma chance, m’ouvrant ainsi la possibilité de vivre une passionnante aventure professionnelle au sein du Pays Pyrénées Méditerranée.
Ce territoire de projet créé et maintenu volontairement et librement, cherchant ainsi à ancrer le principe de coopération dans l’ADN de ce territoire et veillant à l’intérêt commun, fut un très beau terrain d’épanouissement professionnel.
Merci à mon équipe avec qui j’ai vécu la magie de l’intelligence collective. Celle qui par le débat, fondement de la démocratie, génère un fusionnement d’idées, de points de vue, d’interrogations, crée des étincelles qui peuvent surprendre, déstabiliser, pour enfin créer la lumière. Ce processus fait émerger la créativité, l’innovation, la liberté d’inventer un futur souhaitable et partagé.
Inventer un futur, demande du courage. Le courage qui est un dérivé de cœur, est une vertu qui permet d’entreprendre des choses difficiles en surmontant la peur, en affrontant le danger, les situations difficiles. Le courage est guidé par le sens de la justice, c’est comprendre et agir pour ce qui est juste. Alors quoi de mieux que d’unir ses forces pour agir ensemble avec courage, pour ce qui est juste ; c’est ce que je retiendrai d’essentiel.
C’est alors avec beaucoup de satisfaction que je regarde le chemin parcouru, le cœur empli de joie des expériences vécues et partagées. Prenant mon courage à deux mains, je poursuis ma route, toujours au service du développement local, passionnée et animée des mêmes valeurs, mais avec de nouvelles chaussures, pour de nouvelles traces.
Carine GONZALEZ
