Le 25 juin dernier, le Pays Pyrénées Méditerranée organisait la restitution de l'étude sur la restauration collective, réalisée dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial (PAT) Mar i Munt. Cette rencontre a réuni des élu·es, collectivités, syndicats mixtes de restauration collective, partenaires institutionnels, associations et acteurs agricoles afin de partager les résultats de cette analyse et d'échanger sur les perspectives d'action.
Pourquoi cette cartographie ?
L'objectif du PAT est de promouvoir une alimentation locale, saine et durable dans les établissements de restauration collective du territoire. Mais pour construire une stratégie efficace, il faut connaître précisément la réalité du terrain : qui cuisine quoi, comment, pour combien de convives, avec quels moyens et quelles contraintes ?
C'est pour répondre à ces questions que le PAT a confié cette mission à Nona, entreprise de l'Économie Sociale et Solidaire spécialisée dans l'accompagnement des territoires en transition alimentaire. L'objectif de la mission : disposer d'une vision d'ensemble des établissements, de leurs pratiques, de leurs besoins et des leviers permettant d'accélérer la transition vers une alimentation plus locale et durable.
Les principaux constats
> Le compte rendu de l'étude est disponible ici <
206 établissements ont été recensés sur le territoire - écoles, crèches, EHPAD, hôpitaux, structures médico-sociales et restaurants administratifs - dont 27 ont fait l'objet d'entretiens qualitatifs. Plusieurs enseignements majeurs en ressortent.
- Le territoire est composé à 70 % de cuisines satellites (qui reçoivent et réchauffent des repas produits ailleurs), un chiffre qui dépasse les 80 % dans le secteur scolaire.
- Les cantines du territoire sont majoritairement de petites structures : trois quarts accueillent moins de 200 convives par jour.
- Sur l'approvisionnement, les signaux sont encourageants dans le scolaire : plus de 85 % des cantines s'approvisionnent au moins partiellement en local. Parallèlement, le secteur médico-social apparaît davantage dépendant des grossistes.
Les résultats mettent en évidence une restauration collective déjà engagée dans de nombreuses démarches, mais confrontée à plusieurs défis. Les établissements expriment notamment des besoins d'accompagnement pour développer les approvisionnements locaux, mieux intégrer les exigences de la loi EGAlim, faciliter la télédéclaration sur Ma Cantine, ou encore renforcer les compétences des équipes sur la cuisine végétarienne ou la lutte contre le gaspillage alimentaire.
La réunion a également été l'occasion d'une présentation de la SCIC Le Local 66, plateforme coopérative de distribution de produits locaux et biologiques du département, dont l'un des atouts majeurs est de permettre aux "petits" producteurs d'entrer dans le circuit de la restauration collective.
Des pistes d'action pour les prochaines années
La restitution s'est poursuivie par un atelier participatif visant à identifier les besoins du territoire et les actions que les PAT des Pyrénées-Orientales pourraient faciliter.
Plusieurs priorités se sont dégagées :
- renforcer les filières locales (installation de producteurs, outils de transformation, adaptation des marchés publics) ;
- accompagner les établissements dans la mise en œuvre de la loi EGAlim et de la télédéclaration ;
- développer la formation des équipes (cuisine végétarienne, conception des menus, connaissance des filières locales) et favoriser les échanges de pratiques entre cuisiniers et gestionnaires ;
- poursuivre les actions de sensibilisation à l'alimentation durable auprès des convives et parents.
Ces échanges vont nourrir la stratégie d'action du PAT Mar i Munt et de son pôle "Restauration collective" pour les prochaines années, en lien avec nos partenaires et les PAT du département.
